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LES KOMMUNALKI

   
      

Les kommunalki ou appartements communautaires


Les kommunalki (kommunalka au singulier) sont apparues en Russie après la Révolution de 1917. L'afflux considérable de population dans les villes nécessitait une solution immédiate pour loger ces millions de nouveaux citadins. Réquisition de tous les hôtels particuliers et appartements bourgeois pour y loger aux côtés des propriétaires des familles ouvrières. Dès 1929, l'Etat devint le seul propriétaire de tout le patrimoine immobilier national.

La kommunalka contraint plusieurs familles, qu'aucun lien familial n'unit, à vivre en communauté et dans la promiscuité dans le même appartement. Une pièce par famille, cuisine et sanitaires communs. Leningrad était alors surnommée "gorod kommunalok" la ville des kommunalki.

La littérature et le cinéma russes ont abondamment décrit la vie dans les kommunalki. Bien sûr, ce n'était pas la seule façon de se loger. Après la Grande Guerre Patriotique (en Russie on ne dit pas la Seconde guerre mondiale) démarra la construction d'immeubles fonctionnels et de barres d'habitation pour que chaque famille ait son appartement. Bien que l'effort de construction fût considérable l'objectif est resté d'actualité tout au long de l'époque soviétique.

Dès 1991 commença la privatisation des appartements qui consista à donner gratuitement le bien à son occupant. Pour les kommunalki, des agences immobilières rachetèrent leur pièce aux nouveaux propriétaires et s'occupèrent de les reloger. Ainsi le nombre d'appartements communautaires a diminué fortement mais à Saint-Pétersbourg, sans statistiques fiables, on estime qu'à ce jour encore la moitié des appartements du centre ville sont communautaires et abritent plus de 400000 personnes soit moins de 10% de la population. Depuis 2007, la possibilité d’accéder gratuitement à la propriété de son logement est supprimée.

A Saint-Pétersbourg aujourd'hui, à côté de la vitrine fastueuse des palais, des musées, des églises, des boutiques de luxe et autres endroits à la mode qui n'ont rien à envier aux grandes capitales occidentales, de la périphérie chic étalant ses villas à 1 million d'euros minimum, des prestigieux immeubles de l'époque impériale rénovés et découpés en appartements somptueux type loft new-yorkais, le parc de logements se partage en quatre catégories. Les immeubles anciens traditionnels rénovés, les immeubles de construction récente, les vieux immeubles non rénovés abritant les kommunalki et loin du centre ville les barres d'habitation des années 60.

Pour ces deux dernières catégories, rien n'a été entrepris pour organiser la gestion des parties communes qui sont laissées à l'abandon. Les appartements, toujours bien tenus, sont le plus souvent dans des immeubles qui en France seraient considérés comme insalubres et ne se rencontrent que dans nos banlieues les plus sinistrées.

Il faut noter que pour les Russes y logeant cette situation n'a rien de dégradant ou de déshonorant si ce n'est la promiscuité avec une population pas toujours recommandable. C'est comme ça, c'est normal, c'est un reliquat de l'époque soviétique. La femme russe que vous allez rencontrer pourra avoir quelques réticences à vous inviter chez elle, chez ses parents, ne sachant comment vous allez réagir à cet environnement dégradé. Et pourtant dans certains cas, elle n'y prêtera pas attention. A vous d'avoir le comportement détaché et indifférent qui est de mise. Si elle partage une kommunalka – moins d'une chance sur 10 – généralement avec des personnes âgées ou avec des gens aux revenus des plus modestes, elle ne vous y invitera jamais.

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Vue de Saint Pétersbourg
Les sonnettes des différents occupants à la porte d'entrée d'une kommunalka






Saint-Pétersbourg
     


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