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LES 900 JOURS

ou le siège, le blocus de Leningrad

 



   

Natalia, notre guide-interprète
Place de la Victoire : 900 jours et aussi... 900 nuits

De toute l'histoire de la Russie, s'il est un seul évènement que le visiteur étranger ne doit pas ignorer en découvrant Saint-Pétersbourg c'est le blocus de Leningrad.

Durant la Grande guerre patriotique, et non pas la Seconde guerre mondiale pour les Russes, Leningrad fut soumis à un épouvantable siège qui dura officiellement 872 jours. La Russie et l'histoire retiendront le chiffre symbolique de 900 jours. La ville sera totalement coupée de l’extérieur à l’exception d’une pathétique voie d’eau et de glace sur le lac Ladoga. L'héroïsme des Russes a permis, en dépit d'un pilonnage incessant, de maintenir ce dérisoire filet de vie, cette "Route de la vie" qui a certainement contribué à éviter la capitulation programmée de Leningrad.

Comme le souligne le blog ami de Lizotchka, "il y a eu tellement d'atrocités durant la Seconde guerre mondiale, que cet épisode est passé un peu inaperçu en Europe. Pourtant, c'est l'une des pages les plus tragiques et héroïques de la guerre."

Pour le visiteur de Saint-Pétersbourg, qu'il s'y rende pour découvrir la ville ou pour rencontrer des femmes russes candidates au mariage, il serait de bon ton qu'il n'ignore pas le sujet tant cet effroyable blocus est ancré dans les mémoires, l'héroïsme de sa population sacralisé et commémoré toujours dans la plus intense émotion.

Quelques repères
 

22 juin 1941   Entrée des troupes allemandes en Union soviétique
1er sept. 1941   Le premier obus tombe sur Leningrad
8 sept. 1941   Début du blocus de Leningrad
27 janv. 1944   Fin du blocus de Leningrad
9 mai 1945   Capitulation de l'Allemagne (et non le 8 mai comme ailleurs)


Au début de la guerre, la ville comptait trois millions d'habitants. Des évacuations eurent lieu avant le début du blocus allemand. Les deux millions et demi de personnes qui restèrent enfermées dans ce véritable ghetto durent affronter l'hiver le plus féroce depuis 150 ans. Entre décembre 41 et février 42 la température est régulièrement descendue en dessous de -30°C. Sans chauffage, sans électricité, sans carburant, encore avec un peu de nourriture qui bientôt se réduira à quelques bouts de pain, ils résistèrent.

A la fin du blocus, il restait environ 750 000 vivants et 30% des logements détruits. On ne connaitra jamais le nombre de morts par la famine et le froid ou sous les bombes et dans les incendies. Et combien ont réussi malgré tout à s'échapper de cette cité devenue ville fantôme jonchée de cadavres. Ce que l'on sait, c'est qu'ils résistèrent…

Le visiteur de Peterhof, Pavlovsk, Tsarkoïé Selo, Oranienbaum ne manquera pas de voir les photos des décombres de ces palais fastueux après qu'ils aient été volontairement dynamités, incendiés par les Allemands lors de leur retrait. Leur remise en état tient du prodige. La majorité des œuvres d'art avait été mis en sureté avant le début des hostilités.

Les deux sites de Saint-Pétersbourg consacrés à la mémoire de cette douloureuse page de l'histoire russe sont :

A l'entrée sud de la ville, en venant de l'aéroport, sur la vaste place de la Victoire, l'immense monument-mémorial dédié aux héroïques défenseurs de la ville. Il dispose d'un musée.

Natalia, notre guide-interprète
Monument-mémorial de la Place de la Victoire

Au nord-est de la ville, sur presque 30 hectares, le cimetière-mémorial de Piskarevskoïé où reposent quelque 470 000 victimes civiles et 50 000 militaires. De la musique classique, funèbre ou élégiaque, propre au recueillement résonne constamment sur tout le cimetière. Poignant. Egalement, un tout petit musée.

Natalia, notre guide-interprète
Cimetière-mémorial de Piskarevskoïé (ou Piskariovskoïé, Piskaryovskoye) avec la Mère-Patrie



Pour aller plus loin


La mort et un peu d'amour
Les 900 jours,
le siège de Leningrad

Harrison Salisbury

Le livre d'histoire de référence, dans sa rigueur, pour les passionnés.
Journal du siège de Leningrad
Journal du siège de Leningrad
Lidiya Ginzburg

C'est bien le quotidien du siège qui compose le livre, mais sans une date, sans un événement "historique". Les grands thèmes associés au blocus sont présents : le froid, la faim, la souffrance, la mort, mais sans un chiffre, sans une larme, sans un hommage.
La liste noire
La vie d'un homme inconnu
Andreï Makine

Brillant roman d'un Makine nostalgique. Flash back magistral du Piter des festivités du tricentenaire au blocus de Leningrad dans sa glaciale agonie. Et aussi les purges absurdes et démentes.
Tatiana
Tatiana
Paullina Simons

Un roman à l'eau de rose, une histoire d'amour pour jeunes filles mais aussi une description poignante de Leningrad assiégée. La famine, le froid atroce et leurs cadavres et aussi "la route de la vie".
   



   
   


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